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pierre laurent tichadou

le texte et la couleur (depuis 2000 )

 

L'HOMME QUI PENSE      28/11/2000

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-    Tu es triste ?

-    Non.

-    A quoi tu penses ?

     Je pense à toi   

     Je pense à ce jour   

     Où je ne serai plus là.

     Je pense à l'oubli  

    Au sable et au vent du désert

     Je pense au silence   

    Je pense au goût du fruit.

-   A quoi ça sert ?

-   Ca sert à rien

    Rien qu'à te dire

    Que je t'aime,

    Ca sert à rien

    Rien qu'à me faire du bien.

 

 

LA FILLE DU CAP-VERT           5/08/2001

 

Et pourtant, ce matin, au large du Cap Vert, les pêcheurs ont poussé leurs pirogues sur une mer assagie après avoir pansé leurs plaies et pleuré la nuit entière leurs morts de la veille.

Ce matin, ils sont repartis car ils avaient faim.

Ce soir, ils rentreront en chantant parce que la pêche aura été bonne. Elle sera bonne. Il le faut.

 

 

 

L'HOMME A LA LUNE      15/08/2001

 

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Laissez vous transporter

Au son de ces tam-tams

Au son des balafons,

Cet étrange ramdam

Conte l'histoire vraie

De l'homme aux bras si longs

Qu'il cueille la lune

Pour  plaire et surprendre

Sa négresse brune

Qui franchement s'en fout

Et dit pis que pendre

De cet exalté fou.

 

 

BORD DE MER      01/09/2002

 

Qui sont ces trois passants, entr'aperçus hier ?

Etait-ce au soir couchant, au loin est-ce la  mer ?

La femme encore jeune et mûrie de soleil

Est-elle encore jeune, était-ce le soleil ?

Au bras d'un vieil homme, quel était son prénom ?

Je ne me souviens plus de rien cré nom de nom

Etait-ce son père ou est-ce son mari ?

Sort il de retraite ou  vit elle avec lui ?

L'autre c'est un ami, qu'un chagrin sans doute

Ramène au pays,  tu vois je me doute

Il a dû divorcer, voulu se suicider

Etait-il mal marié ?  j'en ai aucune idée

Etait-ce son  frère ou était-ce un ami ?

Est-ce un demi-frère ou son petit ami ?

Qui sont ces trois passants, était-ce bien hier ?   

Les ais-je vraiment  vus,  regardaient-t-ils la mer ?

 

 

L'HOMME ET  LA CROIX        15/10/2002  

  

L'équilibre, je crois,

Est affaire de foi.

Il était une fois

Un homme et une croix.

 

Fil de ferriste, toi

Qui ne tiens qu'à un doigt,

Balancier fragile,

Avance sur le fil.

 

Oui ou non, ne dis mot,

Vertige, vertigo,

Tombe et retiens toi,

Succombe et reviens moi.

 

Rejoins moi, un, deux, trois,

Adieu, athée, à toi.

 

 

op1 : le TEMPS        03/01/2004 

 

 

Qu'attend-il

L'échassier immobile ?

Il contemple l'instant

Et l'astre en fait autant.

 

Il écoute le silence

L'éphémère connivence

De la feuille et du vent,

Il donne un sens à mes cheveux blancs.

 

 

op2 : la  LIBERTE          06/01/2004    

 

 

Apprendre à voler pour voler une fleur

Finir par aimer pour aimer son odeur,

Où va-t-il l'oiseau migrateur,

Vers quel exil, vers quel chasseur ?

 

 

op3 : le JOUR et la NUIT      11/01/2004  

 

 

Chaque matin, entrer dans la lumière…

Chasser les démons de la nuit,

Jusqu'à l'incandescence,

Réinventer sa vie

Lutter contre l'usure du temps,

L'excès de prudence,

Le geste étriqué et le rêve gris.  

 

 

op4 : la  LUMIERE       18/01/2004  

 

 

A peine,

Tu tiens dans tes mains rondes

La lumière du monde,

 

Que déjà,

S'égrènent les secondes

Qui peu à peu t'inondent,

 

Et enfin,

Tu échappes de tes mains

La lumière qui s'éteint.

 

 

op5 : l'ACROBATE et le MANCHOT     08/02/2004 

 

Quelle ne fut la surprise

Du manchot

Devant telle bêtise

Tout là haut

Avant qu'ils ne se brisent

Tous leurs os

Il aimerait qu'on leur dise

Aux jumeaux

 

Marchez sur la banquise

Blanc  manteau

Un pied bot  nous déguise

En Pierrot

 

L'acrobate se grise

Allegro

Accroche bien la prise

Et banco

 

 

op6 : le CAVALIER et le PAPILLON    18/02/2004 

 

Un papillon pour escorte,

Des souks aux cités marchandes,

J'ai chevauché jusqu'aux portes

Des velours de Samarkand.

 

op7 : la  PANTOMIME des VIVANTS   12/03/2004

 

J'ai écrit à l'encre rouge

La pantomime des vivants,

Cet attelage claudicant

Entre quiétude et tourments.

 

Toute querelle oubliée, comme une renaissance agrippée aux promesses du matin, j'imaginais un passant paisible le long de la capitainerie du vieux port. Apaisé, je retrouvais jusqu'aux prénoms des choses les plus futiles, les plus secrètes.

 

 Etranger, ne t'ensommeille pas, avance encore. Il faut gagner l'eau, il faut gagner le sel. Il faut croire aux douceurs de la halte prochaine, l'oasis blottie à l'ombre incertaine de la palmeraie, la casbah de chaux, de pisé, d'argile et de terre battue, les oliviers d'argent, le sourire d'Aïcha, la fraîcheur de ses lèvres, le citron et la pulpe d'un fruit.

Et enfin, comme le vieil homme, tu pourras planter un arbre.

 

 

 



23/08/2007
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