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pierre laurent tichadou

quelques réflexions

... à propos de la société de consommation

 

" Les philosophes grecs définissaient l'homme comme un être capable de contrôler ses besoins, ses désirs, ses pulsions. La tempérance, signe d'humanité, s'oppose à l'outrance, marque de l'animalité... Aujourd'hui chaque homme est invité à la consommation à outrance jusqu'à en perdre le sens commun... Toute restriction à la jouissance devient intolérable (et source de violence), comme une atteinte à un droit fondamental."    Charles Melman, psychanalyste

 

 

... à propos du principe de précaution

 

Le principe de précaution est tout sauf scientifique. Il ne prend pas en compte le niveau du risque, il discrédite la connaissance existante, amoindrit notre faculté critique et rejette à priori l'expérimentation. Il aboutit à la frilosité, à l'absence d'initiative et de décision. L'idéalisme, la norme utopique, la tentation du risque zéro entr'ouvre la porte à l'irresponsabilité et ne peut que paralyser le désir d'entreprendre. Cela ne fait pas bon ménage avec une société dynamique et créative.

 

 

 ... à propos de la soumission (aveugle) à l'autorité

 

L'expérience de Stanley Milgram est reproduite dans une longue séquence de l'excellent film d'Henri Verneuil « I comme Icare »avec Yves Montand, l'histoire d'un procureur qui enquête sur l'assassinat d'un président des Etats Unis (allusion évidente à JF Kennedy) et qui va se brûler les ailes (se faire tuer) lorsqu'il se rapprochera trop du Soleil (la Vérité, la découverte de l'implication vraisemblable de la CIA dans le complot).


 

Au début des années 60, un psychosociologue américain, Stanley Milgram, recrute par petite annonce des volontaires pour participer à une «expérience scientifique sur la mémoire»  (en fait l'objectif est d'évaluer la capacité de résistance d'un individu à une autorité aveugle).

Le volontaire est accueilli au laboratoire par un chercheur en blouse blanche, en même temps qu'une autre personne, soi-disant volontaire elle aussi, mais en fait complice de l'expérimentateur. Un tirage au sort truqué le désigne comme «professeur» et le complice comme «élève», le professeur devant tester la mémoire de l'élève en lui infligeant des chocs électriques de plus en plus forts (de 15 volts décrits comme «décharge légère» à 450 volts avec la mention «Attention ! choc très dangereux»), chaque fois que l'autre commet une erreur !

L'«élève», installé sur une sorte de chaise électrique et bardé d'électrodes, est un acteur qui simule la douleur aux fausses décharges électriques que lui envoie le «professeur» et le supplie d'arrêter.

L'autorité, à laquelle se soumet le «professeur» est symbolisée par le scientifique en blouse blanche qui supervise l'expérience, dit endosser toute la responsabilité et lui donne des consignes strictes et répétées, lui enjoignant toujours de continuer.

 

Ø      65 % des sujets testés atteignirent le seuil maximum et infligèrent des décharges de 450 volts à «l'élève»  (le comédien qui avait cessé de gémir, de supplier, s'était «évanoui») !

Stanley Migram ne conclue pas que chacun de nous est un bourreau en puissance, il dit simplement que, confronté à certaines situations «idéales», la majorité des individus vont se soumettre aveuglément à l'autorité.

A contrario, dans l'expérience, lorsque les ordres étaient imprécis, moins cohérents ou n'étaient plus donnés par une autorité légitime, la soumission disparaissait vers 75 v.

Pour expliquer le comportement de soumission (favorisé ici par une mise en scène pseudo-scientifique soignée), Milgram explique que l'individu se pose en simple exécutant des volontés d'un autre, se déchargeant donc de la responsabilité de ses actes.

De plus un processus de condamnation de la victime se met en place afin de justifier la punition.

Enfin, la progressivité de cette  punition la rend «acceptable» (pourquoi refuser 100 volts après avoir toléré 75 ?)… ainsi de suite, d'un petit pas à l'autre, le comportement «acceptable» entraîne une conduite inavouable.

 

Dans cette expérience, on voit évidemment le biais lié au mode de recrutement des candidats qui ne peuvent en aucun cas être représentatifs de la population générale. D'autre part l'éthique discutable d'une telle enquête la rendrait inacceptable aujourd'hui.

Mais les limites que sait mettre un individu, entre ce que lui suggère sa conscience et ce que pèse son éducation toute empreinte de soumission à l'autorité, sont elles aujourd'hui fondamentalement différentes de ce qu'elles étaient hier ? 

 

 

 


28/05/2007
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