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pierre laurent tichadou

la rupture

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 Avec en toile de fond Varsovie, Prague, Salzbourg et Venise, l'auteur construit, non sans distance et une certaine ironie, une saga romanesque, qui mêle faits réels et imaginaires. Les personnages, ballottés par le quotidien de la vie, se perdent et se retrouvent, et l’on devine que la lumière, au bout du chemin, ne s'éteindra jamais.

 

 

 

Maintes fois ravagée par les guerres, les flammes, la peste. Saccagée, pillée, torturée, violée, ruinée. Chaque fois reconstruite avec acharnement. Varsovie.

Le soleil se couchait sur la place du marché de la Vieille Ville, embrasant les façades polychromes, beiges, ocres et bleues pastel. Le flot des passants nonchalants, des badauds et des touristes quittait lentement, comme à regret, les terrasses des cafés plantées de parasols rouges Coca-Cola. Un vieux couple, avec une très jeune fille brune aux beaux yeux bleus, parlementait avec le cocher d'un fiacre, pour une dernière promenade vers la barbacane, le monument de Jan Kilinsky, la Voie Royale, depuis la place du Château jusqu'au palais du Belvédère et retour. Les vendeurs de ballons multicolores couraient pour prendre le bus 12 vers la place Politechniki et regagner le quartier d'Ursynow. Les artistes peintres pliaient leurs chevalets et empilaient soigneusement leurs toiles invendues.

 

Laurent finissait son bock de bière. Soudain une vieille gitane s'approcha et lui prit la main presque de force. Surpris, il la repoussa avec brutalité. Elle trébucha et s'affala lourdement au milieu des tables. Elle lui lança un regard mauvais et se mit à l'injurier. Laurent énervé lui fit un geste obscène, son majeur droit pointé en l'air, puis il fit mine de porter la main sur elle.

Alors, d'une voix froide qui lui glaça le sang, elle lui prédit la mort . « La mort sera bientôt sur toi » ou quelque chose comme ça. C'est ce qu'il comprit. Il resta pétrifié tandis que la vieille disparaissait en redoublant d'insultes.

Emma prit son père par la main.

-   Ne l'écoute pas, allons-nous en, lui dit-elle en l'embrassant sur la joue. Je voudrais t'emmener jusqu'au parc Lazienki.

Laurent dit qu'il se faisait tard, qu'il ne se sentait pas bien. Elle insista.

-   Tu verras, lui dit-elle, c'est un endroit sublime.

 

Vingt minutes plus tard, le bus les déposa devant la grille du parc. Une allée ombragée, bordée de platanes et de marronniers, menait  jusqu'à l'Orangerie...

 



17/07/2006
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