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pierre laurent tichadou

l'enfant et l'espoir 9/6/70

 

Sur la moisissure

Des récifs escarpés

Echouent les rescapés

D'outre meurtrissures.

Cesse que ne vous blesse

La noire sanguinaire

En guise de prière

Ou de prime caresse.

Dure faites qu'elle dure

Cette haleine blanche

Et blême se déhanche

Une faible dorure.

Falbala que cela

Fausse l'algue verte

Et la vague inerte

La marée meurt dans nos bras.

Je lorgnais le large

Erodant les rivages

Rivé à son visage

Virant au tangage.

Je chagrinais le vent

A briser les lames

A limer les rames

Du naufrageur errant.

J'éventais du chagrin

Chahutant les embruns

Les embrasant chacun

D'un air marmoréen.

J'ai j'aurais bien aimé

De froide assurance

Froisser cette France

L'assoiffer, rançonner.

J'allais thésaurisant

A mes lèvres l'écume

Enivré de brume

Brusquant plus que bravant.

Mais qu'il t'en souvienne

La corniche était mienne

Je nichais à l'ancienne

Sous les roches souveraines.

J'assiégeais la ville

Aux moignons piétinés

Aux poignants émasculés

On rentrait tranquille.

Je brodais un trousseau

Les genoux bien serrés

Aimant ma virginité

Comme le polio aime l'eau.

Et revint le canot

Effleurant le rocher

Accrochant le brochet

A fleur de ciel, fleur de l'eau.

Ils rentraient au terroir

Eraflant l'emblème

Blasphémant même

Cet erratique espoir.

Mimant les tortionnaires

Ils salivaient la rouille

De leur dernière douille

Altérée par la mer.

Avant le rouge impur

Ils contournaient l'écueil

Ils écourtaient l'accueil

Des lentes flétrissures.

 



18/07/2006
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